Avec André Moncassin, le village vient de perdre son dernier grand Résistant et la France un grand patriote, aussi discret depuis la fin de la guerre que n’avait été mouvementé son engagement durant les années sombres… Fidèle à la mémoire de ses camarades tombés lors des accrochages, jusqu’à ces derniers mois, il ne manquait jamais une commémoration sur les lieux mêmes de leur sacrifice que ce soit à Meilhan, Ponsampère, Miramont d’Astarac, Moncassin et bien au-delà. Très affecté par la disparition de quelques camarades de jeunesse martyrisés lors de la tragédie de Meilhan, à 18ans à peine, jeune apprenti, il a décidé de s’engager dans la Résistance, section Corps Franc Pommiès, non par esprit de vengeance mais avec la volonté de laisser aux générations futures, un monde meilleur en menant un combat sans limites face à la barbarie de l’occupant. Après une brève formation militaire, il n’a eu de cesse avec ses compagnons engagés volontaires comme lui, de poursuivre l’ennemi, jusqu’à le ramener chez lui à Berlin, avec une blessure au passage ! Le Corps Franc Pommiès étant devenu le 49ème Régiment d’Artillerie, c’est d’ailleurs à Berlin qu’il rencontrera le colonel Pommiès non plus les armes à la main mais défilant avec un cor d’harmonie pour saluer la victoire. Il aurait pu poursuivre une carrière militaire mais l’amour pour Thérèse sa fiancée l’a ramené à Masseube. Même s’il avait gardé intacte la mémoire de ces évènements, ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il a consenti à taper sur son clavier (il avait adopté le modernisme) pour que ne s’effacent pas les épisodes de sa vie, tout en les réservant à ses proches
Durant toute sa vie André Moncassin a été un personnage exemplaire de travail et de droiture, dans son métier de boulanger, au sein de sa famille comme pour son investissement dans le monde associatif (rugby, musique, pompiers durant 28 ans et finissant Caporal-chef, etc…) et plusieurs fois médaillé.
Durant ses obsèques dans l’église de Masseube dont le chœur était occupé par treize porte-drapeaux qui lui ont d’ailleurs rendu les honneurs militaires à la sortie, différents intervenants représentant l’armée, les sapeurs-pompiers, le département, ont rappelé ce qu’avait été la vie d’André., Chevalier de la Légion d’Honneur (mais il a dû attendre le 5 mai 2011…), Chevalier de l’Ordre national du Mérite, titulaire de la Croix militaire, citoyen d’honneur de la ville de Masseube….
Puis sont venus des hommages plus personnels de son fils Jean, de sa fille Françoise, de ses petits-enfants. Tout en soulignant l’exemplarité de son parcours, par le biais de quelques anecdotes, tous ont voulu, un tant soit peu, dédramatiser ce départ : ce nom de Trémais ( le maître) qu’il s’était donné lui-même dès la petite enfance alors qu’on se moquait de lui parce qu’il ne parlait que gascon, la visite d’un jeune Américain qui avait traversé l’Atlantique pour l’interviewer, les sorties, ces derniers temps chaque soir au cimetière où repose Thérèse et qui devaient obligatoirement se poursuivre vers une destination inconnue, peu importait !
Ainsi était André Moncassin…Avec lui disparait tout un pan de l’Histoire, de l’histoire de la Résistance, de l’histoire de Masseube, de ces petites histoires insolites qui n’ont plus cours aujourd’hui.
Que toutes mes marques de sympathie et de reconnaissance soient un réconfort pour son fils et sa fille qui l’ont entouré jusqu’à ces derniers jours, tout en lui laissant toute sa liberté, pour ces petits-enfants et pour tous ceux qui sont affectés par cette disparition.
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