Du 9 au 17 août, parmi les nombreux artistes présents lors de " La Ronde des expos" à Sémézies Cachan, Isabelle Gaignier présentera ses derniers travaux en illustration.
Sous le porche, et dans l’église, les visiteurs pourront rêver dans un univers à la fois tendre, introspectif et poétiquement décalé. Une invitation à découvrir l’imaginaire d’une femme dont l’art s’est imposé comme un chemin de résilience.
Une renaissance artistique au détour de la vie
Isabelle Gaignier n’est pas une débutante dans le monde de la scène. Bien connue dans le département sous le pseudonyme de Philomène, elle a longtemps évolué comme chanteuse-interprète. Mais depuis six ans, elle a troqué la scène contre les pinceaux. Bientôt nichée dans les coteaux de Boulaur, Isabelle se consacre pleinement à l’illustration et à l'écriture.
Un virage artistique qu’elle n’a pas choisi, dit-elle, mais qui s’est imposé à elle comme une nécessité, une manière d’habiter le monde autrement. « L’illustration est arrivée dans ma vie comme un refuge. Un jour, j’ai compris qu’il était temps d’aller chercher la lumière et la paix ». Autodidacte, elle puise dans son parcours de vie une inspiration sincère, nourrie de résilience et d’émotion.
Ses dessins, peuplés de petits personnages issus d’un imaginaire resté proche de l’enfance, ne s’adressent ni seulement aux petits ni aux grands, mais à tous ceux qui ont envie de rêver. Chaque illustration raconte une histoire, une bulle de douceur et d’espoir dans un monde souvent trop brutal. « Je dessine pour partager la lumière e la paix que j’ai appris à retrouver ». Isabelle ne se revendique d’aucune école. Son parcours est avant tout celui d’une autodidacte passionnée, façonnée par les épreuves, les rencontres et les intuitions. La peinture, elle l’a rencontrée dans le tumulte de sa jeunesse, à la fin des années 1970, à Paris, dans le Quartier Latin. « C’est Édouard Pignon, grand peintre de la Nouvelle École de Paris, qui m’a initiée à la peinture. Il m’a ouvert les yeux, sans que je sache à l’époque ce que j’en ferais. J’étais jeune, insouciante, éprise de sensations fortes. Je préférais courir les cafés-concerts, en quête de poésie, d’émotions vraies ».

Dessiner pour tenir debout
Ce n’est que bien plus tard, dans un moment de crise profonde, qu’elle reprend ses crayons. En 2020, au tout début de la pandémie, tout vacille pour Isabelle. « J’étais à la rue. Littéralement. Dans ma voiture, seule, désorientée. Une amie que avec qui je n'avais pas eu de contact depuis 20 ans, m'a appelée au même moment et m'a remonter sur les rails. Elle m'a fait chanter un mantra bouddhiste et j'ai beaucoup ris... Mais je me suis surprise à continuer cette récitation qui m'a en effet sorti ma tête de l'eau ... Et depuis je continue ». Ce déclic marque le début d’une nouvelle vie. Très vite, Isabelle retrouve un logement, puis un rythme de création. En 5 ans elle écrit 4 livres pour enfants. L’illustration devient un moyen d’expression, mais aussi de reconstruction. Un dialogue silencieux entre ses émotions et le papier.
Un monde d’enfance pour les grands rêveurs
Les dessins d’Isabelle Gaignier semblent tout droit sortis d’un rêve éveillé. Petits personnages, maisons improbables, clins d’œil poétiques ou scènes absurdes peuplent ses créations. Si l’esthétique semble tendre vers l’univers
enfantin, les histoires racontées ne sont jamais naïves. Elles touchent les cœurs, quelle que soit la génération. « Je ne dessine pas pour les enfants. Ni pour les adultes. Je dessine pour celles et ceux qui ont encore envie de rêver ».
Ces « petites histoires visuelles » sont à la fois douces et profondes, empreintes d’amour, de mémoire et de lumière. « Je veux transmettre de la joie, de la tendresse, des messages simples, mais sincères. Longtemps, j’ai vécu dans l’ombre de mes démons. Aujourd’hui, je veux tendre vers la Lumière ».
Une artiste entière, lumineuse, sincère
Isabelle Gaignier ne cherche pas à briller. Elle cherche à transmettre. Elle a longtemps côtoyé les ombres, mais aujourd’hui, elle choisit résolument la douceur. « A mon âge, il est temps d’accueillir la paix. Il faut lâcher l’obscurité pour entrer dans la lumière. »
Aujourd'hui , Isabelle Gaignier, prépare 3 nouveaux livres, mais cette fois pour les "grands" ... *Un livre hommage à l’Iran ou elle a vécu " Je Perse et Polis mon coeur" , un livre en encre de chine sur les chiffres " Neuf", et un roman "Et le temps passe" : Ces trois nouveaux récits seront illustrés. Ses œuvres ne se contentent pas d’être belles. Elles apaisent, réconfortent, et rappellent que, même dans les moments les plus sombres, il y a toujours un fil d’espoir à tirer… parfois en couleurs pastel.
Pour Le Journal Du Gers, propos recueillis par Marjan H-Kaddache - Rouznameh Ettelaqt. Remanié en francais.
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