14 Juillet : sous les feux d’artifice, les braises d’un mécontentement populaire

Un fête ou une défaite ?

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Alors que la France bruisse de tensions politiques, les traditionnelles cérémonies du 14 Juillet se tiennent dans une ambiance contrastée.

Partout dans l’Hexagone, les mairies invitent leurs administrés à se rassembler devant les monuments aux morts, devant les parades militaires. L’occasion officielle de célébrer la prise de la Bastille, symbole de la révolte populaire et de la conquête des libertés.

Mais derrière les discours patriotiques et les airs de fanfare, le malaise gronde. Étouffée ou ignorée par une partie des grands médias, la colère sociale continue de monter. Une colère que les élus, tous bords confondus, s’emploient à minimiser, espérant sans doute que les barbecues municipaux et les spectacles pyrotechniques suffiront à calmer les esprits. Dans les coulisses, pourtant, les réunions contestataires se multiplient. La défiance envers les institutions ne faiblit pas, et certains voient dans cette situation les prémices d’un nouveau basculement populaire.

 Liberté en solde : quand le divertissement masque la dépossession

Dans un monde où l’on prétend défendre la liberté de penser, jamais elle n’a été aussi méthodiquement muselée. Le paradoxe est criant : tandis que les gouvernements affirment garantir nos droits fondamentaux, ils orchestrent, à grands renforts de spectacles, une entreprise silencieuse d’aliénation des esprits.

Regardons le sport, par exemple. Ce qui fut un jour une célébration de l’effort et du dépassement est devenu une vitrine étincelante de propagande apolitique. On érige des stades comme des cathédrales modernes, on célèbre des icônes millionnaires, pendant que les hôpitaux ferment des lits, que les enseignants se battent pour des salaires décents, et que les subventions à la culture — cette culture qui fait réfléchir — s’effondrent. À quoi bon penser, quand on peut vibrer devant un match ou se perdre dans une cérémonie flamboyante ?

Le 14 juillet, les Jeux Olympiques, les Coupes du monde… autant de rituels fastueux que l’on nous sert comme des fêtes populaires. Mais à quel prix ? Des millions dépensés pour faire briller l’image d’un pays, alors que celui-ci laisse sur le carreau des familles entières, des étudiants précaires, des travailleurs pauvres qui, même en travaillant, n'arrivent plus à vivre dignement.

L’incompréhension grandit. Comment expliquer qu’en pleine crise sociale, on puisse encore financer des feux d’artifice pendant que des femmes dorment avec leurs enfants dans des voitures ? Comment justifier ces parades militaires coûteuses alors que les files d’attente devant les restos du cœur ne cessent de s’allonger ?

Ce n’est pas de l’aveuglement : c’est une stratégie de tous les bords politiques.

Occuper les esprits, détourner les regards, faire de l’émotion collective un écran de fumée. Le citoyen devient spectateur. La révolte s’endort devant les projecteurs. Et pendant que l’on acclame les athlètes, les vrais combats — pour la justice, l’égalité, la dignité — sont mis en sourdine.

Il est temps d’ouvrir les yeux. Le divertissement ne doit pas être un outil de domination. Il ne doit pas remplacer le débat, la pensée, la critique. La liberté de penser ne se donne pas en spectacle : elle se défend. À force d’écrans géants, de discours creux et de spectacles hypnotiques, on a réduit la liberté à une mise en scène. Penser devient inconfortable, presque inconvenant. Réfléchir est un acte de solitude, et la solitude, dans un monde saturé de bruit, est un luxe rare.

Alors oui, le sport est beau, le 14 juillet peut émouvoir, les fêtes peuvent rapprocher.

Mais quand le faste devient façade, quand il masque la misère, alors il devient mensonge. Et ce mensonge, trop souvent, devient la norme. 

Que l'on se rassure, les 4 millions d'euros  qui seront nécessaire pour financer le défilé du 14 juillet, à Paris,  nos politiques sauront les trouver. Vous payez bien des impôts pour ça, n'est-ce pas ? 

IsabelleG

 Illustrations Paul de Semant et Blass

 

 

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