Sous les arcades du cloître de Condom, la 56ᵉ édition des Nuits Musicales en Armagnac s’est achevée samedi soir sur une note à la fois pétillante et émouvante : Les Noces de Figaro de Mozart, interprétées par la Compagnie des Chants de Garonne. Une soirée qui a confirmé la diversité et la vitalité d’un festival où se sont croisés, ces dernières semaines, orchestre symphonique, jazz vocal, récital baroque et création lyrique.

« Tous les concerts complets cette année »
En ouverture de la soirée, Philippe Estèphe, baryton et directeur artistique des Nuits Musicales, a tenu à remercier le public pour son enthousiasme :
« Merci à tous, spectateurs, bénévoles, partenaires, Région, Département et municipalité de Condom. Grâce à vous, nous faisons venir ici des artistes que l’on ne voit habituellement que dans les métropoles. »
Il a aussi donné rendez-vous pour l’édition 2026, avant de rappeler la convention qui lie le festival à la Compagnie des Cadets et à la ville, et de convier le public au verre de l’amitié offert par Plaimont Producteurs à l’issue du spectacle.
Une version moderne et enlevée
Créée en 1786 sur un livret de Lorenzo da Ponte, Les Noces de Figaro restent l’un des opéras les plus emblématiques du répertoire. Emmanuel Gardeil, directeur artistique des Chants de Garonne, en signe une mise en scène contemporaine, épurée et pleine de fantaisie : décor minimaliste, costumes d’aujourd’hui — une Susanna en jean et t-shirt, un Chérubin en sweat à capuche et casquette, smartphone en main — et accompagnement unique au piano par Émilie Véronèse.
Ce parti-pris, fidèle à la philosophie de la compagnie, privilégie le jeu d’acteur et l’énergie dramatique. L’intrigue, transposée dans un univers de coulisses de théâtre, révèle une Comtesse cantatrice délaissée par un Comte chef d’orchestre capricieux, tenté par la maquilleuse Susanna, sur le point d’épouser Figaro, régisseur… Un Chérubin stagiaire erre entre deux quiproquos, cherchant un sens à ses premiers émois amoureux.

Un plateau équilibré et généreux
La distribution mêle jeunes espoirs et voix confirmées : Julien Véronèse (Figaro), Maria Zopounidis (Susanna), Charlotte Despaux (La Comtesse Almaviva), Maxime Cohen (Il Conte), Cécile Piovan (Chérubin), Elizabeth Ghaly (Marcellina), Arthur Pérot (Basilio/Don Curzio), Baptiste Bouvier (Bartolo) et Aleyna Alonso (Barbarina). Le Chœur des Chants de Garonne complétait cette belle équipe.
Pendant deux heures trente menées tambour battant, le spectacle alterne légèreté et intensité émotionnelle. Les éclats comiques du livret se mêlent à une certaine gravité, notamment dans la peinture des rapports de pouvoir et de désir .
Une “folle journée” qui passe trop vite
Le public, conquis, a salué une interprétation où la précision du jeu vocal rivalisait avec la vivacité scénique. De l’horlogerie dramatique héritée de Beaumarchais à la tendresse mozartienne, la “folle journée” a filé à toute allure, jusqu’au pardon final.
Ainsi s’est refermée une édition 2025 qui aura tenu toutes ses promesses, prouvant que les plus beaux sites historiques du Gers demeurent des lieux magiques pour faire vibrer la musique vivante, des chefs-d’œuvre du répertoire aux créations les plus audacieuses.

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