En ce 2 novembre, jour des Morts et lendemain de Toussaint , il est de tradition d'avoir une pensée particulière pour nos défunts. La mort a toujours inspiré aussi nos poètes. Il est intéressant de relire l'ode du poète gascon ; né et ayant vécu à Pouyloubrin ( Gers ) Louis Baron (1612-1662) , ode toujours d'actualité :
A la fin totis èm de passa,
E dispareishem com bèth hum ;
Tantòst hè clar, tantòst hè crum,
E res d’assegurat non demòra en ua plaça.
Tot çò que ten, cau que s’esblince,
Rei, gentilòme, mangonèr,
E nos vesem en un carnèr
Los òssis d’un paisan dab los deu plus gran Prince.
Qué sap òm s’aqueste bèth dia,
Serà lo darrèr que veirem,
Dilhèu doman nos jogarem
L’acte que dab la fin hè nosta tragedia.
À la fin, nous tous, de passage,
Disparaissons comme fumée,
Tantôt clarté, tantôt nuages,
Rien de bien assuré ne demeure à sa place.
Tout ce qui tient doit disparaitre,
Roi, gentilhomme, serviteur,
Et nous voyons dans un charnier
Les os d’un paysan avec ceux d’un grand Prince.
Qui peut savoir si ce beau jour
Sera le dernier que l’on voit,
Peut-être que demain jouerons-nous
L’acte qui sur la fin fait notre tragédie.
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