Ce lundi 23 mars à 13 h 30, l’hôpital de Vic-Fezensac, les élèves de 6e du collège Gabriel Séailles ont vécu un moment fort en émotions.
Dans le cadre de l’opération « Jouons la carte de la fraternité », portée par La Ligue de l’enseignement, ils sont allés à la rencontre des résidents volontaires de l’EHPAD pour leur remettre, en main propre, les cartes qu’ils avaient rédigées.
Chaque année, cette initiative nationale invite les jeunes à réfléchir aux valeurs de respect, de tolérance et de vivre-ensemble, autour de la journée internationale de lutte contre le racisme et les discriminations, célébrée le 21 mars. Habituellement envoyées à des anonymes « comme des bouteilles à la mer », les cartes ont cette fois trouvé des destinataires bien réels, dans une volonté affirmée de créer un lien intergénérationnel.
Un travail pédagogique autour de l’image et des mots
En amont, les élèves ont mené un travail approfondi en enseignement moral et civique (EMC) avec Mme Thiriet, en analysant des photographies professionnelles abordant des thématiques fortes : égalité filles-garçons, handicap, migration, uniformisation de l’école ou encore l’impact des réseaux sociaux.
Ces visuels ont servi de point de départ à un travail d’écriture en cours de français, encadré par Mmes Aurélie Almeida et Karine Vincent. Pendant deux heures, les élèves ont laissé libre cours à leur créativité, produisant 74 cartes sous des formes variées : acrostiches, haïkus, anaphores ou messages libres, souvent à tonalité poétique.

Des regards sensibles et engagés
Les élèves présents représentant leurs camarades ont évoqué leurs production. Antonella a imaginé un acrostiche autour de l’identité, comparant une foule uniforme à une ruche d’abeilles. Pauline, elle, a choisi d’évoquer la cécité, rappelant avec sensibilité que « ne pas voir ne signifie pas être différent ».
Marada s’est intéressée aux réseaux sociaux, dénonçant dans un haïku le besoin de se montrer au détriment de la communication réelle. Jules, enfin, s’est interrogé sur l’uniformisation de l’école à travers une description d’élèves perçus comme « différents », invitant le lecteur à réfléchir à ses propres représentations.
D’autres thèmes forts ont émergé : les manifestations pacifiques en hommage à George Floyd, les discriminations liées au handicap, ou encore le regard porté sur les enfants migrants.

Une rencontre porteuse de sens
Le choix de remettre les cartes directement aux résidents, plutôt que de les envoyer anonymement, s’explique aussi par des contraintes pratiques — les annuaires étant aujourd’hui obsolètes — mais surtout par une volonté pédagogique : donner un visage aux destinataires et favoriser l’échange.
Cette rencontre entre générations a permis aux élèves de s’adresser à des citoyens ayant vécu d’autres époques, avec l’espoir de susciter des réponses, des échanges, et pourquoi pas, de nouvelles réflexions.
Au-delà de l’exercice scolaire, cette action s’inscrit pleinement dans une démarche citoyenne, où les mots deviennent vecteurs de lien, d’écoute et de fraternité.
Quelques productions d'élèves :








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