Les mémoires de la traite négrière

Communiqué de presse de Paul Yobo

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Au cours de cette journée du 10 mai 2026, dans chaque région de France, notamment dans les territoires d’Outre-mer — Mayotte, Martinique, Guyane, La Réunion, Guadeloupe — nous commémorons les mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Cette journée nous permet d’honorer, pour la 25ᵉ fois consécutive depuis 2001, le souvenir des esclaves et de commémorer le 178ᵉ anniversaire de cette meurtrissure que fut l’esclavage dans l’histoire de l’humanité.

Célébrée pour la première fois en 2006, elle est, sur l’ensemble du territoire national, l’occasion d’une réflexion sur tous les aspects de l’esclavage, passés comme contemporains.

Il est donc important de rappeler que 178 ans nous séparent désormais de l’abolition définitive de l’esclavage en France, par l’action de Victor Schœlcher. Cependant, les épisodes qui jalonnent le trop long chemin vers l’abolition ne mentionnent que trop rarement l’article 29 du cahier de doléances, rédigé en 1789 dans le cadre de la préparation des États généraux. Cet article, aussi remarquable que singulier, condamne avec la force de l’éloquence la traite des personnes noires et réclame avec une émouvante fermeté son abolition. Il n’a étrangement été tiré de l’oubli qu’en 1971.

Cette prise de position courageuse, émanant d’une population modeste, et son exhumation tardive illustrent les difficultés à assumer cet héritage douloureux.

La création, en 2019, de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, qui parachève ce mouvement, constitue le socle sur lequel bâtir la prévention et la lutte contre l’esclavage contemporain dans notre pays. Elle nous amène à appeler de nos vœux, en Occitanie, des Maisons des droits de la femme, de l’homme et de la Négritude, sur lesquelles nous pourrions nous appuyer pour lutter efficacement contre l’esclavage contemporain. Car c’est un devoir autant qu’un atout.

L’abolition de l’esclavage fut une révolution morale et philosophique tendant à l’affirmation de la liberté individuelle. Notre pays peut se targuer d’être aujourd’hui à la pointe de ce mouvement.

Cette liberté individuelle a vocation, aujourd’hui, à nous réunir, quelle que soit notre origine, autour d’une identité structurante : celle de notre histoire commune, du sentiment de communauté nationale, du respect des lois de la République, de l’amour de notre emblème Liberté, Égalité, Fraternité.

À vous, toutes et tous, en ayant en tête les mots de notre regretté poète, ancien président du Conseil régional de la Martinique, Aimé Césaire — Paix à son âme — invoquant l’âme des peuples asservis pour exhorter les vivants à relever la tête, je vous demande de porter le plus beau des héritages : celui de la dignité de la femme et de l’homme.

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