Mercredi 27 mai, à travers le dévoilement d'une plaque commémorative, la ville d'Auch et l'agglomération Grand Auch Cœur de Gascogne honorent la mémoire des Justes Auscitains. La ville d'Auch et l'agglomération Grand Auch Cœur de Gascogne ont choisi de rendre hommage aux Justes parmi les Nations ayant résidé à Auch, la présidente de la région Occitanie et le Comité Français pour Yad Vashem, étant à l'origine de cette initiative que l'ancien maire d'Auch Christian Laprébende avait tenu à concrétiser.
Les Justes d’Auch et du Gers racontent une autre histoire de la Seconde Guerre mondiale : celle de femmes et d’hommes ordinaires qui ont choisi le courage plutôt que la peur. Dans cette terre rurale du Gers, où l’on savait aussi bien cacher un voisin qu’un secret de famille, beaucoup ont sauvé des Juifs promis à la déportation.
Qui sont les « Justes parmi les Nations » ?
Le titre de Juste parmi les Nations est décerné par Yad Vashem, en Israël, aux non-Juifs ayant sauvé des Juifs pendant la Shoah, souvent au péril de leur propre vie. En France, plus de 4 300 personnes ont été reconnues. Le Gers occupe une place particulière dans cette mémoire. Département rural, éloigné des grands centres allemands, il a accueilli de nombreux réfugiés dès 1940 : familles juives, Alsaciens expulsés, opposants politiques, enfants cachés. Des réseaux de solidarité se sont organisés discrètement dans des villages, des fermes, des couvents, des écoles ou des administrations.
A l'occasion du dévoilement de cette plaque commémorative au Musée de la Résistance et de la Déportation du Gers, son successeur Camille Bonne et Jérôme Samalens, Président de Grand Auch Cœur de Gascogne, ont tenu à saluer la mémoire des hommes et des femmes qui surent maintenir une flamme d'humanité et de dignité quand l'Europe était plongée dans la nuit de l'horreur.
Une plaque qui porte l'honneur des Justes auscitains Voici les noms des six Justes à Auch qui figurent parmi les 4303 Justes connus dont les noms pourront désormais être lus à l'entrée du Musée de la Résistance et de la Déportation du Gers:
Maurice Couairon
Commandant de police à Auch pendant l’Occupation, il aurait aidé à protéger des personnes recherchées et facilité des avertissements avant certaines arrestations. Son rôle illustre ces fonctionnaires qui ont « désobéi discrètement » au régime de Vichy.
Denise (ou Denis) Rieu-Hachon
Employée au service des réfugiés, elle aidait administrativement les personnes traquées : faux papiers, hébergements, démarches retardées volontairement. Dans ces années-là, un tampon ou une signature pouvaient sauver une vie.
Abel Sarramiac
Résistant du mouvement « Libération », il participa à des actions de protection et d’aide aux persécutés avant d’être arrêté puis déporté à Déportation à Buchenwald.
Simone Siboni
Secrétaire de direction à l’hôpital d’Auch, elle aurait aidé à cacher ou protéger des personnes recherchées. Les hôpitaux furent parfois des refuges inattendus : on y maquillait des identités, on y prolongeait des séjours fictifs.
Robert et Odette Tiennot
Parmi les figures les plus connues. Le couple hébergea Henri Gies, un Juif français, en le faisant passer pour un membre de la famille. Malgré les interrogatoires de la Gestapo, ils ne changèrent jamais leur version. Odette Tiennot racontera plus tard le traumatisme subi pendant cette période.
Le discours de Camille Bonne, maire d’Auch, rend hommage aux Justes parmi les Nations ayant sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
Il rappelle l’horreur de la Shoah et le courage de ces femmes et hommes qui ont résisté à la barbarie avec humanité et solidarité.
La maire souligne l’importance du devoir de mémoire et de la transmission aux jeunes générations.
Elle met aussi en garde contre la résurgence de la haine, du racisme et de l’antisémitisme.
Enfin, cette cérémonie affirme la nécessité de rester vigilants afin que de tels crimes ne se reproduisent jamais.
Le Gers, terre de refuge
Pendant la guerre, le Gers devient une zone d’accueil relativement discrète. Des familles juives venues d’Alsace, de Paris ou d’Europe centrale y trouvent refuge. Beaucoup pensent y être « moins visibles ».Des villages comme Mirande, Samatan, Lectoure, Condom ou Saint-Clar ont également vu des habitants protéger des enfants ou des familles entières.
Pourquoi le Gers a joué ce rôle ? département rural avec fermes isolées ; forte tradition d’entraide ;présence de réseaux résistants ; administrations locales parfois protectrices ; nombreux couvents et institutions religieuses. Dans bien des cas, les habitants ne parlaient jamais de leurs actes après-guerre. Beaucoup considéraient simplement avoir « fait ce qu’il fallait ».

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