Résistance : retour sur un appel par voie de presse

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Résistance : retour sur un appel par voie de presse

A l’Office de tourisme de Mirande est exposé depuis des années un tableau représentant le portrait du premier des Résistants mirandais, Henri Larcade, réalisé en 1945 par Antoine Schyrgens, un célèbre peintre belge alors réfugié avec sa famille dans la bastide comme tant d’autres venus du nord et de l’est de la France chercher asile loin du front (Mirande recevra ainsi des milliers de personnes, militaires ou civils, balayées par la tourmente).

Un appel était alors lancé par voie de presse en juillet 2022 par Henri Calhiol (Société archéologique et historique du Gers) pour rechercher d’éventuelles autres toiles du même auteur.  La tentative portera ses fruits avec un portrait de la Mirandaise Henriette Durieux, amie intime de l’éminente Résistante mirandaise Emma Saucède à qui ce portrait avait été offert par Antoine Schyrgens en 1945. Emma Saucède, qui avait des talents artistiques, possédait une collection de tableaux qu’on peut voir encore aujourd’hui et elle avait le trait sûr comme en témoignent certains de ses desseins retrouvés.

On découvrira également à Auch une toile non encadrée, offerte en 1945 par Jacques, le fils d’Antoine Schyrgens (lui-même artiste peintre connu plus tard au Canada) à Maria del Carmen  Rodriguez-Diez, une Résistante mirandaise agent de liaison du maquis espagnol. Elle représente justement une scène de combat intitulée « Maquis espagnol ».

Dans la famille d’Emma Saucède on trouvera encore un autre tableau qui lui avait été offert, peint en 1940 par un peintre-décorateur du département du Nord réfugié à Mirande, Edmond Monoyez et représentant la rue de l’Evêché. Cette dernière était une spécialiste de l’aide aux personnes en détresse (Juifs compris), des faux papiers et de l’usage des cachets dérobés dans les Mairies. Elle aidait à passer en Espagne (réseau d’évasion) et cachait dans l’entreprise de son frère 5 tonnes d’armes parachutées clandestinement. C’est elle qui permit au lieutenant Miler d’échapper à la rafle de Ponsampère et elle dut, serrée de près par la Gestapo, plonger dans la clandestinité, fugitive durant plusieurs mois. Une héroïne.

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