Société Archéologique du Gers, communications juillet 2026

Betplan.jpg
Betplan.jpg

François-Xavier Merrien, La grande révolte fiscale de juin 1848 dans le canton de Miélan. Une approche historique, sociologique et anthropologique.
La révolte du canton de Miélan, plus connue sous le nom de révolte de Malabat. constitue un épisode de la grande révolte nationale des ruraux contre l’impôt des 45 centimes édicté en mars 1848.

Au sein de cette rébellion, la révolte des habitants du canton du Miélan et tout particulièrement des habitants de Malabat, Betplan et Villecomtal connut une ampleur particulière. Plus de 3000 paysans descendirent dans les rues et les chemins au son du tocsin. Ils prirent en otage les autorités venues leur faire rendre raison (le Commissaire de la République, le juge d’instruction, l’huissier et le greffier) et obligèrent la brigade de gendarmerie qui les accompagnait, à s’enfuir.
S’appuyant sur le magnifique et épais dossier que possèdent les Archives du Gers, cette présentation met en évidence combien les révoltés de Malabat puisent dans le registre ancestral des révoltes paysannes, recourant à la moquerie et à l’humiliation des puissants, tout autant
qu’à la violence rituelle mais aussi son caractère politique et son influence sur l’évolution politique du département.

Philippe Abadie, Le paysan gersois au XIXe siècle-début XXe siècle : entre révolution agricole et adaptation aux crises et à la conjoncture.

Les bouleversements profonds qu'a connu le Gers au XIXè siècle ont transformé la population gersoise particulièrement vulnérable aux disettes récurrentes depuis la nuit des temps, voire aux famines, en une société accédant à une relative aisance à l'abri des catastrophes humanitaires des siècles passés.
On assiste ainsi au cours du XIXè siècle à l'effacement de l'élevage ovin omniprésent depuis des siècles, la disparition de la culture du lin, le tarissement de l'important commerce traditionnel des mules et mulets avec les acheteurs espagnols, la quasi disparition de la jachère
improductive qui couvrait jusqu'à la moitié des terres labourables. Parallèlement sont apparues les prairies artificielles et la culture de la pomme de terre. Des productions traditionnelles ont été confortées: le blé, omniprésent depuis des siècles, le maïs, les bovins de la race gasconne
réputée bien au-delà des limites du Gers pour sa force traction et sa sobriété, l'élevage de porcs de la race de Miélan recherchés partout en France, les volailles dont le Gers est le premier département producteur en France. La vigne, production spéculative majeure du Gers, a vu sa
surface diminuer de moitié suite à l'attaque du phylloxéra qui a détruit tout le vignoble dans les années 1880. L'ouverture des marchés avec la machine à vapeur sur les trains et les bateaux est une des causes de ces transformations.
Mais c'est la révolution agricole qui est à l'origine principale de ces bouleversements par l'introduction des prairies artificielles (légumineuses) dans la rotation des cultures qui permet d'enrichir naturellement les sols rendant inutile la jachère improductive, de produire des fourrages abondants et de qualité procurant une meilleure alimentation du bétail lui-même produisant plus de fumier restitué aux sols. Un cercle vertueux. Le résultat est la transformation du Gers dans sa sociologie d'une population majoritairement composée de très petits propriétaires jusqu'au milieu du XIXè siècle aux ressources limitées et fragiles en une société d'exploitations familiales de taille moyenne en propriété pouvant affronter les aléas climatiques, sanitaires et économiques.

Et à l'issue de la séance, présentation du livre Les carnets de dessins du pyrénéiste Henri Brulle, par Jean-François Le Nail.
L’Association des Amis du Musée pyrénéen du Château-Fort de Lourdes vient de publier en fac-similé une série de carnets de dessins faits par le pyrénéiste Henri Brulle entre 1878 et 1914.
Ces Carnets faisaient partie d’un important fonds familial de documents réunis par Raymond d’Espouy à Breuil (Monléon-Magnoac) et ont été donnés au Musée pyrénéen par son petit-fils, Bertrand d’Espouy.
Henri Brulle (1854-1936), notaire à Libourne, a été un pionnier du « pyrénéisme de difficulté », inaugurant une nouvelle pratique de la montagne dans laquelle les qualités physiques et morales et la sensibilité allaient de pair avec l’acte sportif de l’escalade rocheuse et glaciaire, gardant toute leur place au sens du beau, à l’humour, à la joie de l’action et à l’amitié.
Œuvre toute intime, ces dessins et croquis illustrent cette démarche et cette personnalité, à travers les Pyrénées, mais aussi les Alpes françaises, suisses et autrichiennes, les Dolomites et les Abruzzes, les falaises de Grande-Bretagne et d’Ecosse. Ils témoignent de l’attrait passionné que Brulle éprouvait pour la montagne, le rocher, la neige, le milieu de l’altitude.
Décédé à Chamonix à l’âge de 82 ans, au retour de sa sixième ascension du Mont-Blanc, il avait eu pour compagnons d’élection trois Gascons qui furent ses camarades du Grand Jeu et sur lesquels il reste à dire : Jean Bazillac, de Mirande (1857-1928), Roger de Monts, de Bellegarde (1850-1914), et René d’Astorg (1860-1940).

Bon de commande en annexe.

Suggestions de lecture

Commentaires

Suggestions de lecture