Samedi 13 juin a eu lieu au cinéma Grand Angle le dernier rendez-vous mensuel de la Floureto pour la saison. Il s’agissait d’un ciné-conférence autour de l’affaire Bojarski. Surnommé par la presse française de « Cézanne de la fausse monnaie », Ceslaw Ian Bojarski n’avait rien d’un bandit, ni l’allure, ni le physique. Il était réfugié polonais, ingénieur de profession, doté d’un talent fou, qui durant 13 ans, tout seul dans son atelier, a déjoué la police et fait trembler les spécialistes de la Banque de France. Jamais le pays n’avait connu d’imitations aussi parfaites, quasi indétectables. Fascinant et romanesque, le film raconte l’incroyable histoire vraie de cet artiste du faux, interprété par Reda Kateb. On suit l’enquête menée par le commissaire de police, depuis l’arrivée de Bojarski à Paris jusqu’à son arrestation. Le faussaire n’hésite d’ailleurs pas à provoquer le policier. Le réalisateur insiste sur la personnalité plurielle de Bojarski, sa discipline, sa double vie, son travail ultraméticuleux et tellement artisanal, ses amitiés fatales et ses multiples tentatives pour la reconnaissance de son génie. Devenir riche n’est pas son objectif. Il travaille pour que sa copie soit plus belle, plus vraie que l’originale. Il n’a aucun goût de luxe, juste celui du travail bien fait, jusqu’à l’obsession. Pour bien comprendre le parcours de cet incompris et la revanche qu’il veut prendre sur la société, l’action se déroule en grande partie dans la cabane de son jardin, où, à l’insu de tous, alors que les autorités sont persuadées d’avoir affaire à un tentaculaire réseau de faussaires, le père de famille compose ses incroyables contrefaçons. Cette histoire relativement peu connue a défrayé la chronique en 1966 lors du procès de Bojarski devant la cour d’assises de la Seine. Procès au cours duquel, en dépit de la condamnation, ont fusé les mots « qualité exceptionnelle », « imitations remarquables ». Décédé en 2003 à l’âge de 90 ans le faussaire laisse derrière lui des billets de banque qualifiés d’œuvres d’art et vendus à prix d’or aux collectionneurs. C’est ce qu’a raconté Laurent Mauras, président de la Floureto, après la fin de la projection, et avant de donner rendez-vous aux habitués de l’association culturelle fleurantine en septembre prochain pour une nouvelle saison, qu’il espère aussi réussie de celle qui venait de finir.
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