Le deuil des ruches

Communiqué de presse

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"Quand on annonce la mort de l’apiculteur aux abeilles -

Selon Yves Coativy, historien médiéviste, professeur d'histoire médiévale à l'Université de Bretagne Occidentale et membre du Centre de Recherche Bretonne et Celtique à Brest :

"Quand on annonce la mort de l’apiculteur aux abeilles -

Au XIXe siècle, il arrive que l’on annonce la mort de l’apiculteur à ses abeilles en coiffant la ruche d’un ruban noir. Plusieurs collecteurs rapportent cette pratique (Sébillot, Cadic, Le Braz, Van Gennep) qui ne semble donc pas anecdotique. En image, le passage de J.-B. Huet qui mentionne cette pratique en Loire-Atlantique au XVIIIe s. Jean-Baptiste Huet de Coëtlizan, Recherches économiques et statistiques sur le département de la Loire-Inférieure : annuaire de l'an XI, Paris, 1803."

Depuis les temps les plus reculés de notre histoire, l’homme a toujours essayé d’établir une connexion privilégiée avec les animaux qui vivent à ses côtés. Un lien qui pouvait parfois dépasser le monde des vivants. En Bretagne et dans de nombreux autres départements français, une tradition veut qu’à la disparition de l’apiculteur, les ruches observent une période de deuil. Certains affirment même qu’il fallait annoncer de vive voix aux abeilles que leur maître avait quitté ce monde. (Cette annonce est aussi répandue dans les milieux colombophiles.) Cette coutume trouve sans doute ses sources du fait qu’une ruche qui perd son apiculteur a plus de chance de disparaître d’une manière prématurée si elle n’est plus surveillée ou entretenue.

Chaque village avait sa préférence pour marquer ses ruches en deuil.

Une longue écharpe en tulle noir cintrait la ruche, ou une simple croix en ruban noir plaçait sur la façade, ou un simple tissu noir que l'on punaisait au dessus de l'entrée de la ruche. Dans certaines régions, le deuil pouvait durer jusqu’à 2 ans. "Celui qui ne respectera pas cette coutume risque d’attirer le malheur sur lui" affirment les défenseurs de cette pratique. Respect du défunt et de ses abeilles pour les uns, superstition d’un autre âge pour les autres… celles qui nous donnent ce si bon miel et cette merveilleuse gelée royale ne méritent-t-elles pas cette si honorable attention ?

Source :

* Le FolkLore de la France : La Faune et la Flore - Tome3

* Le deuil des ruches

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