Jeudi 11 juin, le collège a clôturé plusieurs mois de création avec la restitution de la résidence d’artiste menée auprès des trois classes de 4e par la comédienne Swany Jacquet.
Une soirée déambulatoire, inventive et émouvante, venue mettre en lumière le travail réalisé depuis novembre autour du théâtre burlesque.
Coordonnée tout au long de l’année par Lara Kluczynski, professeure de français, cette résidence s’est construite dans une logique de pédagogie de projet où les élèves ont été pleinement acteurs de leur création.

En ouverture de soirée, l’enseignante a rappelé le sens de cette aventure collective : « Ce que vous allez voir ce soir, c’est plus qu’un spectacle. C’est l’aboutissement d’un travail collectif né dans le cadre d’une résidence d’artiste autour du théâtre burlesque. »
Une année pour créer ensemble
L’histoire du projet a commencé le 3 novembre 2025. Après une présentation générale, les élèves des trois classes ont choisi leurs univers et constitué leurs équipes.
Chaque classe, composée d’une vingtaine d’élèves, a été divisée en trois groupes équilibrés intégrant l’ensemble des fonctions nécessaires à la création : comédiens, metteurs en scène, journalistes, responsables costumes, maquillage-coiffure, décor et son. Trois univers sont alors nés : 4e 401 : « 3 Braqueurs vs 0 Plan », 4e 402 : « Un petit truc en moins », 4e 403 : « Enterrement dernière classe ». Après une première phase de conception en novembre, un point d’étape collectif a été organisé en janvier avant le lancement du travail en petits groupes. En avril, les différentes créations ont été réunies avant les dernières répétitions puis la générale du mercredi 10 juin.
Durant toute cette résidence, les élèves sont partis d’une page blanche. Ils ont imaginé des histoires, inventé des personnages, écrit des dialogues à partir de séances d’improvisation, construit les relations entre les personnages, réfléchi aux décors, aux bruitages, aux ambiances sonores, aux costumes, au maquillage et à la mise en scène. Ils ont également assuré la communication du projet grâce à des affiches, des reportages et un petit journal distribué aux spectateurs à leur arrivée. Celui-ci revenait notamment sur le théâtre de l’absurde, le burlesque et proposait une interview de Swany Jacquet.
Se dépasser et trouver sa place
Cette démarche a permis à chacun de trouver sa place et parfois d’oser sortir de sa zone de confort. « Certains comédiens n’avaient pas choisi d’être sur scène au départ et ont dû se dépasser pour jouer devant les autres », confie Swany Jacquet. Elle souligne aussi le climat qui s’est installé au fil des mois : un véritable travail de cohésion, de bienveillance et de soutien entre élèves.
Trois univers entre humour, burlesque et émotion
Le soir de la restitution, le public a été invité à circuler dans différents espaces du collège.

La première saynète plongeait les spectateurs dans un cimetière au décor particulièrement travaillé, avec fleurs, couronnes et pierres tombales prêtées par les pompes funèbres locales. Entre une famille endeuillée très conventionnelle, un gardien transformé en vendeur de concessions, un jeune ouvrier décalé, des fantômes inattendus et une clocharde installée parmi les tombes, les élèves ont joué avec les codes du burlesque.

Le deuxième univers transportait le public dans un hôpital psychiatrique peuplé de trois résidents hauts en couleur, d’un médecin peu scrupuleux, d’un stagiaire décalé et d’un petit-fils davantage préoccupé par l’héritage familial que par son grand-père.

Enfin, le dernier groupe proposait une immersion dans une banque où se déroulait un braquage aussi maladroit qu’improbable : braqueurs amateurs, gardien étourdi, histoire d’amour inattendue et humour absurde.
Le spectacle réservait également quelques surprises imaginées par les élèves : la présence de figurants de 6e dans certaines scènes, l’apparition d’un présentateur télé ou encore la customisation originale d’un van accompagné d’un caddie.

Entre les différents tableaux, le public faisait halte devant des auteurs grecs transformés en « statues parlantes », un travail mené avec l’implication de l’équipe pédagogique, notamment en histoire-géographie.
Plusieurs enseignants ont accompagné le projet en parallèle de leur discipline : création de papillons en mathématiques avec des formes géométriques en y incorporant des indices de chaque saynète sous la houlette d'Armelle Garrabos, travail sur le théâtre et les auteurs de l'anitquité en histoire avec Christelle Thiriet.

Dans la salle d’étude, une exposition revenait sur toutes les étapes de la résidence : textes préparatoires, recherches, décors, communication, essais maquillage et costumes. Les élèves de Margaux Chamberlin, professeur d’arts plastiques exposaient également dans cette salle sur le thème "ce n’est pas une BD", une reprise des codes de la BD en lien avec un thème développé dans les saynètes.
Les élèves racontent leur expérience

À l’issue de chaque représentation, les élèves se sont présentés un à un devant le public. Chacun a expliqué le rôle qu’il avait choisi, les raisons de ce choix et ce qu’il avait aimé dans l’expérience.
En clôture, le principal Manuel Hénon a tenu à remercier l’ensemble des participants :« Merci aux élèves, à Mme Kluczynski qui a coordonné le projet et à Swany qui a accompagné cette aventure avec une pédagogie qui colle à nos valeurs. »
Une aventure humaine qui laisse une trace

Le lendemain, Swany Jacquet a tenu à retrouver les élèves pour les remercier et leur dire au revoir. Les élèves s’étaient cotisés pour lui offrir un immense bouquet, des cadeaux, des cartes et de nombreux messages. Parmi eux : « Cette année avec toi a été pleine de belles expériences et d’apprentissages… ça nous aura fait plein de beaux souvenirs. », « Merci d’avoir passé du temps à nous encadrer, à nous aider à trouver des idées, merci d’avoir été patiente et passionnée. »
Très émue, la comédienne dit avoir été profondément touchée par ces retours : « J’ai fait de très belles rencontres et découvert de vrais talents et de belles qualités humaines. »
Au-delà du spectacle, c’est une expérience de création, de confiance et de rencontre qui s’est jouée tout au long de l’année.

Swany à gauche et ses élèves
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