Pendant qu’on interdit certaines pratiques à nos agriculteurs, on continue d’importer des produits qui, eux, ne respectent pas toujours les mêmes règles.
On interdit les OGM dans les champs français, mais on importe massivement du tourteau de soja OGM pour nourrir les animaux. On impose des normes de plus en plus strictes à nos éleveurs, mais on importe du poulet produit dans des conditions qui seraient parfois impossibles à appliquer en France.
Et pendant ce temps-là, nos fermes disparaissent.
Entre 2010 et 2020, la France a perdu près de 100 000 exploitations agricoles, soit plus de 20 % de ses fermes. Cela représente environ 200 fermes qui disparaissent chaque semaine.
Le nombre d’agriculteurs a été divisé par trois en quelques décennies. Aujourd’hui, près de la moitié des agriculteurs partiront à la retraite dans les années à venir et beaucoup n’ont aucun repreneur.
Alors une question toute simple :
Comment peut-on continuer à fermer les yeux ?
Comment peut-on accepter que ceux qui nous nourrissent disparaissent progressivement dans l’indifférence générale ?
Comment peut-on trouver normal que le paysan du coin, celui qui produit notre lait, notre viande, nos céréales, puisse parfois avoir besoin de l’aide des Restos du Cœur ?
Ce n’est pas seulement un problème agricole. C’est un problème de société.
Car le jour où il n’y aura plus assez de paysans pour produire notre alimentation, il sera trop tard pour se demander où est passée notre souveraineté alimentaire.
On ne réalise pas toujours la valeur d’un agriculteur… jusqu’au jour où il n’est plus là.
Commentaires