Le trottoir en mosaïque d'Henri de Rivière

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Les plus anciens Vicois ont connu ce tronçon de trottoir devant l'actuel magasin de primeurs.

Son originalité de dessins formés par des cailloux multicolores ne manquait pas d'attirer les regards.

Les aménagements de la 124 et la réfection de son environnement n'ont pas permis de conserver ce morceau de patrimoine vicois datant de la moitié du XIXe siècle.

Certains qui ont protesté sur cette destruction n'ont pas été animés du même esprit conservateur lorsque, faisant partie de l'assemblée communale, ils ont laissé abattre la tour moyenâgeuse et la fort belle façade de la mairie.

Le 29 juillet 1855, Henri de Rivière est désigné comme maire par le préfet. Il est le descendant des Rivière, riches négociants en eaux de vie.

Son grand-père, Jean-Baptiste Rivière était devenu chevalier dans la nouvelle noblesse créée par Napoléon et avait fait précéder son nom de la particule.

Il signa dès lors « de Rivière » comme l'atteste le groupe sculptural qui figurait dans la chapelle de l'hôpital et dont il avait fait don au couvent des Cordeliers en 1833.

Henri de Rivière hérita de la fortune de son père mais aussi de celle du frère de son grand-père, mort sans enfant.

Henri de Rivière abandonna la maison paternelle située au coin des arceaux et de la rue Marcadère pour faire construire une belle demeure dont la ruelle voisine porte le nom.

Le trottoir sur la façade était fabriqué avec des petits cailloux multicolores suivant le principe des mosaïques gallo-romaines.

Ce fut une œuvre très coûteuse.

Henri de Rivière continua à satisfaire ses ambitions en élevant un petit château sur le domaine ayant appartenu à d'Arey de Chambeau guillotiné à Auch en 1793. Il lui donnera le nom de Beaulieu.

Dans la métairie voisine, il élèvera des chevaux et à La Prade, une autre de ses métairies, il tracera un hippodrome.

Henri de Rivière connut une vie facile. Il multiplia ses largesses. Mais il faisait la fête et tout cela eut tôt fait de réduire à néant une fortune importante.

Peu à peu ses immeubles allaient tomber entre les mains des créanciers et en 1865 il quitta Vic et mourut à Bordeaux en 1890.

Henri de Rivière fut l'exemple de cette génération dorée de la période de 1860.

« Ces chevaliers de la désoeuvrance dorment le jour, passent leurs nuits à tracasser les gens tranquilles, mènent une vie stupide et ruineuse où l'oisiveté est mère de tous les vices »

C'était un jugement de l'époque porté sans concession.

Pierre DUPOUY

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