A la recherche de l’arbre nourricier...

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Une petite touche d'exotisme avec notre ornithologue, Pierre FORET, qui nous parle aujourd'hui du Tarin des aulnes.

Merci à lui pour ce partage.

Le Tarin des aulnes devient un oiseau peu commun parmi les «  communs «  dans le Gers.

Déjà classé proche de la liste rouge de l’UICN ( Union Internationale pour la conservation de la nature ), ce petit passereau de 12 cm se nourrit principalement des graines du fruit de l’Aulne glutineux. Un feuillu en forme conique victime du déboisement des berges et de l’artificialisation des sols.

Avec l’Orme, c’est l’espèce d’arbre la plus menacée dans l’écosystème. Son rôle est pourtant salvateur puisque ses racines fixent le lit des rivières et préviennent l’érosion. Il aime ainsi avoir les pieds dans l’eau et reste imputrescible mais en hauteur il ne supporte pas l’humidité, victime de parasites qui rongent ses racines.

Autrefois nommé " l’engrais vert des forestiers ", on l’utilisait pour enrichir les terres avant la plantation de peupliers.

Ces derniers permettent aujourd’hui aux exploitants de drainer les zones humides pourtant si utiles pour les roselières ou autres batraciens.

Les anciens se souviendront également que l’Aulne glutineux servait à la fabrication de charbon de bois.

 Le fruit avec sa forme de cône globuleux vert virant au brun, mesure 1 cm de diamètre. Il orne très longtemps les branches une fois que les feuilles ont disparu car il libère ses graines au compte-gouttes 

"Sachant que le Tarin n’est pas farouche, j’ai fixé une couronne de tournesol sur un rameau d’un Lagerstroemia indica ( le Lila des Indes )"

Le « test » fut rapidement concluant. Quatre couples se sont posés dans la minute. Il est vrai que le Tarin est grégaire. Il se déplace toujours en groupe.

 Avec sa calotte noire, le sourcil jaune et son croupion «  olive « ( sans oublier sa queue mouchetée jaune ),ce Tarin là m’a offert un chorus de trilles aigües et pénétrantes sur un fond fluide de gazouillis .

 De l’oméga 3 à défaut d’un glutineux 

Avec un vol onduleux et papillonnant ( surtout en période nuptiale ), il apprécie ( en dehors des bonnes graisses locales ) les zones boisées avec une préférence pour les conifères où il niche haut dans la canopée d’un épicéa.

Essentiellement granivore, cet oiseau «  exotique «  me rappelle tristement le disparu Bruant jaune au temps des chaumes et des parcelles en friche plus abondantes.

Mais ça c’était avant ! Puisse le Tarin des aulnes prendre exemple sur la mésange bleue : la seule à avoir échappé au silence des oiseaux dans nos campagnes en s’adaptant aux «  nouvelles «  méthodes agricoles .

Texte et photos : Pierre FORET 

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